Depuis fin août 2025, le cœur de la Martinique est pris dans une paralysie sans précédent de son réseau de transports publics. Sur le territoire de la Cacem, il est devenu littéralement impossible d’utiliser les bus pour ses déplacements quotidiens. La mobilisation continuelle des chauffeurs des différentes compagnies exploitant le réseau constitue un blocage total qui s’étend désormais au Transport Collectif en Site Propre (TCSP), emblématique pour sa rapidité et fluidité.
La grève se fait longue et les tensions palpables : cette situation prive des milliers d’usagers, abonnés et passagers occasionnels, d’un service public pourtant vital. Les contestations portent notamment sur la gestion des marchés transitoires, le nombre insuffisant de bus affectés à certaines lignes, impactant la sécurité des trajets, mais également sur le retard des paiements de salaires, devenu un moteur central de la crise.
Alors que les dépôts du TCSP au Lareinty sont bloqués, les véhicules ne peuvent plus circuler, polluant encore davantage le débat autour de la mobilité durable défendue par Martinique Mobilité. Au-delà de l’aspect pratique, cette impasse soulève de profondes interrogations sur l’organisation et le financement des transports publics au centre de l’île, ainsi que sur la qualité de vie des habitants pendant cette étendue de blocage.
Les discussions entre les chauffeurs mobilisés et Martinique Transport, autorité régulatrice de ce secteur, demeurent infructueuses malgré plusieurs rencontres. Certaines compagnies comme Rapide du Centre, SETRAC ou encore Transdev Martinique sont au cœur des négociations, tout comme le réseau complémentaire SudLib se trouve impacté indirectement. L’incertitude plane à nouveau sur une reprise prochaine.
La situation invite à un regard critique et nuancé sur les moyens de transport actuels sur l’île, entre urgences sociales et exigences de modernisation inscrites dans les projets tels que le Bus Express, Karulis ou même les services de Transport Urbain Collectif proposés par diverses entités.
Suspendue depuis fin août : l’absence totale de bus sur le réseau du centre de la Martinique
Au centre de la Martinique, la fin du mois d’août a marqué le début d’une grève qui prive le territoire d’un service essentiel. Depuis le 25 août, aucun bus ne circule sur le périmètre de la Cacem, englobant des communes majeures comme Fort-de-France, Le Lamentin, Schoelcher et Saint-Joseph. Ce blocage se traduit par un arrêt quasi complet des 50 lignes sur les 60 que compte le réseau, générant un véritable chaos dans les déplacements du quotidien.
Les chauffeurs dénoncent notamment le manque de garanties sur les marchés transitoires établis par Martinique Transport. Ils pointent du doigt un nombre insuffisant de bus sur certaines lignes, source potentielle d’accidents et de risques pour la sécurité des usagers. Ces revendications soulignent une problématique plus large : celle d’un maillage territorial des transports inadapté à la fréquence réelle de déplacements.
Outre les aspects quantitatifs, les tensions sont aggravées par le retard dans le versement des salaires. Selon les représentants des conducteurs, les fonds versés par la collectivité vers les sociétés exploitantes accusent un retard, engendrant à leur tour un décalage dans la rémunération des employés, qui se retrouvent lésés et démotivés.
- Paralysie totale du service dans l’ensemble de la Cacem depuis le 25 août 2025.
- Blocage étendu à une cinquantaine de lignes principalement desservies par Rapide du Centre, SETRAC, Transnav et Transurbain.
- Déposés bloqués, y compris celui du TCSP au Lareinty, empêchant la circulation des BHNS.
- Revendiations centrées sur la sécurité et l’insuffisance des véhicules.
- Retards dans le versement des salaires dus aux retards financiers des fonds publics.
| État du réseau | Nombre de lignes affectées | Principaux acteurs concernés | Effet immédiat |
|---|---|---|---|
| Paralysie totale | 50 sur 60 | Rapide du Centre, SETRAC, Transdev Martinique | Arrêt des bus et BHNS |
Cette situation est relatée avec précision sur plusieurs portails d’information, tels RCI Martinique ou encore FranceTV Info Martinique, qui offrent un suivi quotidien des événements.

TCSP bloqué : les Bus Express au point mort, impacts sur la mobilité durable
Au-delà des lignes de bus classiques, le Transport Collectif en Site Propre (TCSP), développé pour offrir une mobilité rapide, fiable et écologique sur le territoire du centre, se trouve lui aussi paralysé. Depuis le blocage du dépôt au Lareinty par les chauffeurs en grève, les Bus Express ne sont plus opérationnels.
Le TCSP, souvent considéré comme une alternative moderne aux transports urbains classiques, profite jusque-là d’une bonne fréquentation grâce à des services plus réguliers et une optimisation des parcours. Son dysfonctionnement impacte notablement la qualité de service prônée par Martinique Mobilité, qui mise sur le développement des transports doux et collectifs pour désengorger les routes et réduire les émissions polluantes.
Cette coupure du TCSP met également en lumière les difficultés rencontrées par les compagnies en charge de ce segment, notamment Transdev Martinique, qui se doit d’assurer non seulement la maintenance des BHNS mais aussi leur disponibilité régulière dans un contexte financier tendu.
- Blocage du dépôt TCSP au Lareinty empêchant le départ des BHNS.
- Interruption des lignes A et B du Bus Express, jusqu’ici fonctionnelles ce week-end.
- Conséquences importantes sur la stratégie de mobilité durable et désengorgement.
- Impact négatif pour les usagers en quête d’alternatives performantes au transport individuel.
- Pression accrue sur les autres réseaux comme Karulis et SudLib.
| Service | Situation | Conséquences sur l’usager | Acteurs concernés |
|---|---|---|---|
| TCSP Bus Express | Blocage complet | Perte de mobilité rapide et écologique | Transdev Martinique, Martinique Mobilité |
Plus d’informations sur l’état actuel du TCSP sont consultables sur Viaa TV, où des reportages enregistrent ces perturbations.
Les revendications sociales au cœur de la crise des transports en commun
Les raisons sous-jacentes à ce blocage prolongé ont une base sociale et économique forte. Les salariés des sociétés exploitant le réseau, notamment chez Rapide du Centre et SETRAC, mettent en avant plusieurs revendications majeures qui expliquent l’intensité et la durée du mouvement.
Premièrement, ils réclament des garanties claires et solides sur les marchés transitoires organisés par Martinique Transport. Ces marchés définissent la répartition et le fonctionnement des différentes lignes du réseau. Les employés craignent qu’une sous-dotations en véhicules puisse engendrer des risques pour la sécurité des passagers.
Deuxièmement, la question des retards de paiement aggrave les tensions. Les fonds versés par Martinique Transport vers les chefs d’exploitation de ligne arrivent en décalage, ce qui retarde les salaires des chauffeurs et met en émoi un personnel déjà éprouvé par une charge de travail importante.
Troisièmement, un climat de méfiance persiste entre syndicats, chauffeurs et les autorités organisatrices. Les réunions, comme celle organisée jeudi dernier, n’ont pas permis de dénouer la crise ; au contraire, la menace de durcir la grève s’est concrétisée dès lundi matin.
- Revendications sur les marchés transitoires définis par Martinique Transport.
- Demandes d’augmentation du nombre de bus sur certaines lignes.
- Retards répétés dans le versement des salaires.
- Manque de dialogue constructif entre parties prenantes.
- Impact social majeur sur la population usagère.
Ces revendications expliquent le blocage et nourrissent un débat plus large sur le fonctionnement du Transport Urbain Collectif en Martinique, y compris pour les réseaux Karulis et SudLib, qui subissent aussi des effets indirects de la crise.

Un impact dévastateur pour les usagers et l’économie locale
Cette situation tendue affecte lourdement les milliers d’usagers dépendants du réseau de transports publics du centre de la Martinique. Sans accès aux bus ni au TCSP, leur mobilité quotidienne est fortement restreinte, compliquant l’accès au travail, aux écoles, aux commerces et aux services de santé.
La zone concernée englobe des pôles économiques importants, des établissements scolaires et des infrastructures publiques stratégiques. Ce blocage prolonge ainsi les délais pour les déplacements essentiels et réduit considérablement la qualité de vie locale.
Les conséquences économiques ne se limitent pas aux passagers. Le secteur du tourisme, bien que moins impacté en période basse, souffre également puisqu’une mobilité fluide est un atout majeur pour attirer visiteurs et travailleurs saisonniers. Les sociétés opératrices comme Transdev Martinique doivent également faire face à des pertes et une fragilisation financière.
- Perturbation majeure sur les trajets domicile-travail et école.
- Impact négatif sur les commerces et services locaux.
- Restrictions pour les populations vulnérables dépendantes du Transport Urbain Collectif.
- Pression accrue sur les véhicules personnels, augmentant embouteillages et pollution.
- Pertes financières pour les entreprises de transport et le tourisme.
Pour approfondir les répercussions, consulter notamment Le Guide Martinique, qui offre une analyse complète des enjeux liés à cette crise.
Perspectives de reprise : négociations en cours et solutions envisagées
Les autorités, opérateurs et représentants des salariés tentent depuis plusieurs semaines de trouver un accord. Divers rendez-vous ont été planifiés, dont un début de négociation officiel avec les grévistes autour du 4 septembre, dans l’espoir d’une reprise progressive. Toutefois, les blocages persistent, reflet d’un dialogue social toujours fragile.
Plusieurs pistes sont évoquées pour anticiper la remise en fonction du réseau :
- L’augmentation du nombre de bus sur les lignes les plus critiques.
- La garantie de respect des délais de versement des salaires.
- La clarification des modalités des marchés transitoires par Martinique Transport et la CFTU.
- Le renforcement du dialogue social entre Karulis, Transdev Martinique, et les syndicats.
- L’amélioration des services de Bus Express et SudLib pour pallier le déficit temporaire.
Il est également envisagé de communiquer davantage sur ces mesures pour restaurer la confiance des usagers, à travers des plateformes officielles telles que France Info Martinique ou Le Guide Martinique.
| Axes de solution | Intervenants clés | Objectifs | Échéances |
|---|---|---|---|
| Augmentation du matériel roulant | Martinique Transport, CFTU, Transdev Martinique | Sécurité et capacité d’accueil | Fin septembre 2025 |
| Respect des délais financiers | Autorités locales, Sociétés exploitantes | Paiement régulier des salaires | Immédiat |
| Dialogue renforcé | Syndicats, Karulis, Réseau SudLib | Réduction des conflits sociaux | À court terme |
Questions fréquentes des usagers sur la crise actuelle des transports en commun
- Quand les bus du centre de la Martinique vont-ils circuler à nouveau ?
Les négociations sont en cours, mais aucune date officielle de reprise n’est encore confirmée à ce jour. - Quelles sociétés sont concernées par la grève ?
Principalement Rapide du Centre, SETRAC, Transdev Martinique et leurs sous-traitants. - Le TCSP fonctionne-t-il encore ?
Depuis le blocage du dépôt au Lareinty, le TCSP est également à l’arrêt complet. - Comment se déplacent les usagers pendant cette période ?
De nombreux usagers utilisent des moyens alternatifs comme le covoiturage, les deux-roues et la marche, bien que ces options soient insuffisantes pour l’ensemble de la population. - Quels sont les prochains rendez-vous pour débloquer la situation ?
Les réunions de négociation ont repris début septembre avec Martinique Transport, la CFTU, et les syndicats.